Quand je suis parti sur le GR20 avec ma bande de copains, je pensais naïvement que l’eau serait la dernière de mes préoccupations. Après tout, on est en montagne, entouré de rivières, de vasques, de cascades…L’eau doit couler partout, non ?
Eh bien, pas vraiment. Très vite, j’ai compris que sur le GR20, l’eau n’est jamais un détail : c’est un vrai sujet, un sujet sérieux, parfois même un sujet stressant. Chaque matin, avant de partir, je me posais la même question : « Est-ce que j’ai assez d’eau pour aujourd’hui ? »
Alors je vais vous raconter ce que j’ai appris sur place, avec mes jambes, ma gorge sèche et mes gourdes qui semblaient se vider deux fois plus vite que d’habitude. Parce qu’une bonne gestion de l’eau peut littéralement changer votre expérience…et vous protéger d’ennuis bien plus graves.
L’eau sur le GR20 : oui, il y en a mais pas partout
Contrairement à ce que j’imaginais, on ne croise pas une source à chaque virage. Le GR20 traverse des zones très sèches, des plateaux brûlés par le soleil, des pierriers où la roche retient tout et des crêtes où…rien ne coule. Certaines étapes sont généreuses en eau, d’autres pas du tout.
Et ce n’est pas un détail : l’eau, c’est votre autonomie, votre énergie, votre lucidité…et parfois votre sécurité. Même en altitude, la déshydratation arrive plus vite qu’on ne le croit
Peut-on boire l’eau des sources, cascades et ruisseaux du GR20 ?
C’est LA question que tout le monde se pose avant de partir. En théorie, l’eau des rivières, vasques et sources en altitude est naturellement propre. En pratique, j’ai vite vu que la réalité est plus nuancée car une règle immuable s’applique en montagne : on ne sait jamais ce qu’il y a au-dessus de soi.
Et “au-dessus”, sur le GR20, il peut y avoir :
- des troupeaux (très fréquents, même en altitude)
- des cochons sauvages
- des chevaux
- des randonneurs qui campent hors zones autorisées
Tous ces animaux boivent…et laissent ce qu’ils ont à laisser et même l’eau la plus cristalline peut cacher des bactéries ou des micro-organismes.
Je l’ai compris dès le premier jour, quand un berger rencontré près d’une bergerie m’a dit cette phrase que je n’ai jamais oubliée : « L’eau claire n’est pas toujours de l’eau propre. » Depuis, je filtre systématiquement.
Faut-il filtrer ou purifier l’eau ?
La réponse est simple : oui, toujours même si elle semble parfaite, même si tu es loin de tout.
Ce n’est pas de la paranoïa : c’est du bon sens.
Un simple filtre ou une pastille peut éviter :
- une intoxication
- une infection
- des crampes
- des nausées
- un abandon forcé
- et les fameuses “surprises digestives” qui rendent chaque montée deux fois plus longue…
Surtout que tomber malade sur le GR20 n’a rien d’anodin : on est loin des routes, loin des villages, loin d’une vraie solution.
👉 Ma règle personnelle : aucune eau non filtrée. Jamais.
Où trouver de l’eau sur le GR20 ?
Voici ce que j’ai constaté sur le terrain.
💧 1. Dans les refuges
C’est la source la plus fiable. Chaque refuge possède un point d’eau, parfois potable, parfois non. Certains gardiens filtrent, d’autres non mais eux savent mieux que personne ce qu’il en est.
Conseil vécu : Demande toujours au gardien le matin si le prochain refuge ou la prochaine source coule encore. Lui seul saura si les conditions ont changé dans la semaine.
💧 2. Dans les bergeries
Les bergeries sont souvent ravitaillées et toujours au courant de l’état des sources. Elles accueillent beaucoup de monde donc l’eau est généralement propre…mais garde l’habitude de filtrer.
💧 3. Dans les rivières et les vasques naturelles
Elles sont rafraîchissantes, parfaites pour tremper les jambes…mais pas fiables à 100 %. Elles peuvent contenir des parasites invisibles.
Le plus grand piège : croire que l’eau coule partout
C’est peut-être l’idée la plus dangereuse qu’on peut avoir en partant car la sécheresse n’est pas un détail en Corse, surtout en été. En 2019, certaines étapes étaient littéralement sans eau du début à la fin.
Et contrairement à ce qu’on croit, la plupart des passages du GR20 sont au-dessus des cours d’eau, pas à côté.
Quand tu marches sur une crête pendant 4 à 6 heures, tu es loin, très loin du moindre ruisseau.
Combien d’eau faut-il porter ?
J’ai essayé toutes les quantités possibles…et je peux t’assurer d’une chose : mieux vaut porter un kilo de plus que manquer d’eau.
👉 Environ 1,5 L pour la demi-journée
👉 2,5 à 3 L pour une étape complète
👉 4 L en cas de forte chaleur ou d’étape sèche
Ça paraît lourd mais la déshydratation, elle, pèse bien plus lourd sur les jambes, la tête et le moral.
Les dangers liés au manque d’eau
Je l’ai vu de mes propres yeux : des randonneurs qui vacillent, qui perdent leurs forces, qui deviennent confus. Certains abandonnent, d’autres sont évacués.
Les risques sont réels :
- coup de chaud
- maux de tête violents
- perte de lucidité
- crampes
- vomissements
- étourdissements
- erreurs d’itinéraire
- chute par manque de concentration
Sur un sentier aussi technique que le GR20, ces erreurs peuvent avoir des conséquences graves.
En résumé : gérer l’eau sur le GR20, c’est vital !
Le GR20, c’est une immersion dans une nature grandiose mais aussi une traversée qui exige respect, préparation et lucidité.
Souvenez-vous de ces trois règles d’or :
- Toujours filtrer l’eau.
- Ne jamais sous-estimer la chaleur.
- Demander tous les matins au gardien où se trouvent les sources fiables.
Avec ça, vous éviterez les mauvaises surprises et vous profiterez vraiment du GR20 parce que sur le GR20, on savoure vraiment le paysage quand on avance l’esprit tranquille…et avec assez d’eau pour aller au bout de l’étape.



