Quand j’ai décidé de faire le GR20, j’étais loin d’imaginer à quel point la montagne corse pouvait être imprévisible et exigeante. Pas nécessairement difficile comme un Ironman…mais dangereuse pour ceux qui ne savent pas ce qu’est vraiment une randonnée en montagne. Ce n’est pas une balade ni une randonnée du dimanche, c’est de la montagne, de la vraie.
Et soyons clairs dès le début : le GR20 sans entraînement, ce n’est pas possible. En étant totalement débutant, c’est non seulement compliqué mais franchement dangereux.
On ne parle pas d’un sentier où l’on marche quelques heures avant de rentrer se doucher à la maison et dormir dans son lit. Sur le GR20, on se lève fatigué, on marche 6 à 10 heures, on dort “à l’arrache” dans un refuge ou sous une tente et le lendemain…on recommence. Et ça pendant au moins 12 jours mais souvent plus.
La montagne ne vous laisse jamais au repos. Elle teste vos articulations, votre souffle, votre mental, votre sac à dos, votre équilibre. C’est un environnement magnifique mais qui peut se montrer dangereux pour ceux qui n’y sont pas habitués.
Peut-on faire le GR20 sans entraînement ?
La réponse est simple, directe, honnête : non.
Même les randonneurs expérimentés qui connaissent la montagne se préparent. Alors imaginer le faire sans entraînement, c’est foncer dans un mur.
Le GR20, c’est :
- du dénivelé positif et négatif tous les jours
- des passages exposés
- de la fatigue qui s’accumule très vite
- un sac de 10 à 14 kg qui tire sur tout le corps
- des nuits dans un confort rudimentaire, parfois froides, jamais réellement récupératrices
Quand on veut faire le GR20, il ne faut pas juste être sportif, il faut savoir gérer des efforts répétés sur plusieurs jours d’affilée, sans vrai repos.
Et en étant débutant ?
Là aussi, je vais être sincère : être débutant en montagne rend le GR20 dangereux. Pourquoi ? Parce qu’une randonnée classique, même difficile, n’a absolument rien à voir avec ce que demande ce sentier. Quand on fait une rando d’une journée, on rentre à la maison le soir et le corps récupère.
Sur le GR20, on dort pas tout le temps bien (pas aussi bien que dans son lit en tout cas), on mange light, on a froid, puis trop chaud, on porte son sac du matin au soir et la fatigue s’accumule chaque jour un peu plus. Ici, tout s’enchaîne sans répit et c’est ce rythme-là, bien plus que la distance, qui met les débutants en difficulté.
👉 Être sportif ne suffit pas. Vous pouvez courir 20 km tous les jours et être incapable de gérer :
- un terrain accidenté
- une dalle rocheuse inclinée
- un passage avec des chaines
- une montée raide avec les mains
- une descente interminable qui fait mal aux genoux
Ce sont des gestes techniques que seuls ceux qui ont déjà fait de la montagne connaissent.
👉 La vérité :
Le GR20 n’est pas adapté aux grandes premières. Il faut avoir déjà fait des randonnées en montagne, plusieurs jours de suite, avec du dénivelé, du terrain accidenté et un sac à dos chargé.
Sinon ? Les risques explosent :
- chute
- entorse
- déshydratation
- coup de chaud
- hypothermie
- abandon dès les premières étapes
- panique face au vide
- perte de lucidité
La montagne, ce n’est pas l’endroit pour jouer les aventuriers du dimanche.
Le mental ne suffit pas
On lit souvent que “le mental, c’est 60 % du GR20”. C’est vrai…mais seulement si on a déjà un minimum de vécu : des randonnées en montagne, du dénivelé dans les jambes et l’habitude d’un sac qui tire sur les épaules. Le mental, à lui seul, ne vous empêchera pas de glisser, ne protégera pas vos genoux sur une grosse descente, ne portera pas votre sac à votre place et ne compensera jamais un manque d’expérience dans un passage exposé. La motivation, c’est bien mais l’expérience, elle, est indispensable.
Vous pouvez être débutant en GR20 (il faut bien une première fois) mais vous ne pouvez pas être débutant en montagne et quoi qu’il arrive, vous devez être entraînés. Ce sentier est magnifique mais parfois dangereux et même si le décor est sublime, le terrain, lui, ne laisse aucune marge aux imprudents. En montagne, certaines erreurs ne se rattrapent pas.
Alors préparez-vous. Apprenez à connaître votre corps. Enchaînez de vraies randonnées alpines. Habituez-vous à la fatigue, aux terrains techniques…et un jour, oui, vous pourrez savourer chaque pas sur le GR20 avec humilité, avec respect et avec cette force intérieure que vous serez fier d’avoir construite.



