On se réveille au refuge d’Usciolu avec le spectacle dont tout randonneur rêve : un lever de soleil flamboyant sur la mer Tyrrhénienne. Tout nous rappelle qu’ici, on est vraiment “au-dessus du monde”. On sait déjà que la journée va être longue mais belle. Direction le Col de Verde ! Pour une fois, le parcours offre plus de descente que de montée…
On reprend le fil des crêtes dès la sortie du refuge. Le sentier se hisse sur le dos de la montagne, entre ciel et mer. Par endroits, il faut poser les mains, s’équilibrer entre deux blocs, puis relever la tête : la vue est à couper le souffle. Sur notre gauche, la mer Tyrrhénienne étincelle sous le soleil, à droite, les montagnes plongent dans la brume. On progresse doucement, le vent dans les cheveux, heureux d’être là.
On franchit un à un les petits sommets : monte Furmicula, Punta Bianca puis la longue descente vers la bocca di Laparo. Un peu avant le col, une cabane solitaire marque une pause bienvenue : on a pu remplir les gourdes et l’endroit a fait un excellent coin pique-nique pour grignoter un bout à l’ombre des pins.
La deuxième ascension de la journée commence tranquillement avant de devenir plus raide. Le sol devient chaotique, les blocs s’enchaînent et les éboulis mettent les mollets à l’épreuve. On s’encourage dans cette ambiance de haute montagne typique du GR20.
Arrivés à la bocca di Campitellu, le décor s’adoucit. Le sentier contourne la Punta Capella mais un petit détour permet de grimper facilement au sommet et franchement, ça vaut le coup : panorama à 360°.
La descente qui suit la Punta Capella change complètement d’ambiance. Les pierres laissent place à des pentes herbeuses et le relief s’adoucit. On longe un ravin spectaculaire avant d’arriver dans un décor plus paisible, presque alpin. La végétation reprend ses droits et le sentier file tranquillement jusqu’au refuge de Prati, perché à 1 820 mètres. Ici, on s’offre une pause bien méritée : boisson fraîche, sandwich au fromage corse et les pieds à l’air. Il y a même une source juste à côté pour remplir les gourdes avant de repartir.
On quitte Prati pour une courte montée vers la bocca d’Oru, dernière crête de cette étape aérienne. D’ici, la vue s’ouvre une dernière fois sur la mer avant de basculer dans un autre décor : la forêt de Saint-Antoine.
Le chemin descend doucement, serpentant entre les pins et les hêtres. L’ombre fait du bien après ces deux jours passés à découvert. Peu à peu, le bruit du vent laisse place au chant des oiseaux et le GR20 retrouve un visage plus doux. Au détour d’un virage, la route du col de Verde apparaît enfin, avec son auberge et ses tables en bois. La civilisation ou presque. Autour de nous, les randonneurs arrivent par vagues, fatigués mais heureux.























