Après une bonne nuit de sommeil à Vizzavona, on se réveille reposés, les jambes encore un peu lourdes de la longue descente de la veille mais le moral au top. Aujourd’hui, on attaque la partie nord du GR20, réputée plus sauvage, plus technique…mais aussi plus belle. Et ça commence fort.
On quitte le village en douceur, par un sentier qui s’enfonce dans la forêt de Vizzavona. Au bout de quelques minutes, le bruit de l’eau se fait entendre : la cascade des Anglais. Ces vasques naturelles creusées dans le granite attirent toujours du monde mais tôt le matin, c’est un vrai havre de paix. L’eau est glacée, la baignade attendra…Le soleil filtre à travers les arbres, l’air est pur, tout va bien.
Devant nous se dresse le monte d’Oro, massif et impressionnant. Deux options s’offrent à nous :
- Le GR20 classique, plus direct, plus tranquille.
- Ou la variante alpine, qui grimpe jusqu’au sommet du monte d’Oro (2 389 m) avant de redescendre vers L’Onda.
On hésite un instant mais la météo est parfaite, le ciel sans nuage : on décide de tenter le sommet.
Le sentier quitte la forêt et s’engage dans un couloir rocheux. La montée est rude, les mains servent presque autant que les jambes. On passe devant les ruines des bergeries de Puzzatelli puis on s’élève sur des dalles de granite.
La chaleur est là, sèche et le souffle court. Après deux bonnes heures, on atteint un petit plateau herbeux, parfait pour une pause. On reprend quelques forces avant la dernière montée, plus raide, à travers les éboulis.
Et puis, le sommet du Monte d’Oro. À 2389 mètres, la vue est démente : la mer d’un côté, les montagnes corses de l’autre et cette sensation grisante d’avoir gravi l’un des géants de l’île. On sort les barres, les sourires et les appareils photo. Le vent souffle mais le moment est magique.
On attaque la descente par un petit couloir rocheux, raide mais bien marqué. Le sentier file vers la Bocca di U Porcu puis suit une crête minérale avant de plonger dans la vallée de l’Agnone.
Le granite chauffe sous le soleil, les jambes piquent un peu mais la beauté du paysage fait oublier la fatigue.
Peu avant l’arrivée, on distingue enfin les bergeries d’Onda et plus haut sur la droite, le refuge PNRC d’Onda, perché à 1 430 m.
On descend les derniers mètres en silence, heureux, vidés mais fiers. Le soir, on mange des lasagnes qui valent tous les efforts du monde. Le vin coule, les rires fusent. La magie du GR20, c’est aussi ça : la sueur, la montagne…et une assiette généreuse à l’arrivée.





















