Jour 5 : de Bocca di Verde à Vizzavona

Le soleil se lève à peine sur le col de Verde et déjà on s’équipe. Après les deux dernières étapes plus techniques, celle-ci s’annonce plus facile mais longue quand même. L’objectif ? Vizzavona, à mi-parcours du GR20, ce nom qu’on entend depuis le départ comme une sorte de ligne d’arrivée symbolique.

On quitte le col à la fraîche, sacs sur le dos et moral au beau fixe. Le sentier s’enfonce dans la forêt de Sant’Antone, dense et silencieuse. La montée est régulière, pas trop raide, parfaite pour s’échauffer. Le sol sent l’humus et la terre humide. Quelques rayons de soleil filtrent à travers les branches.

Petit à petit, la forêt s’éclaircit. On passe la Flasca, puis une passerelle sur le ruisseau de Marmano avant de grimper en lacets vers le plateau du Ghjalgone. Là-haut, l’horizon s’ouvre à nouveau : la montagne respire et nous aussi.

Au sommet du plateau, on laisse derrière nous la direction des bergeries d’i Pozzi pour filer plein nord-est. Le sentier traverse la forêt de Ghisoni, plus claire, plus douce. Ici, le GR20 montre un autre visage : plus vert, plus calme, presque méditatif. On avance à bon pas, chacun dans sa bulle, bercé par le bruit des pas sur les aiguilles de pins.

Après une longue traversée, on arrive au pont de Casaccie où la route coupe brièvement le sentier. Une courte pause pour boire un coup et c’est reparti pour une montée plus sérieuse vers les bergeries de Traggette, puis le refuge de Capannelle.

Quand on aperçoit les bâtiments de Capannelle, on se dit qu’on l’a bien mérité. L’endroit respire la montagne : vue dégagée, silence, odeur de pin chauffé. On s’installe sur un muret, on sort le pain, le fromage et la charcuterie. Pause royale. Mais pas question de s’endormir : il reste encore un bon bout de route jusqu’à Vizzavona.

On monte jusqu’à la crête de Chufidu. Le sentier descend ensuite franchement dans une forêt de pins, avant de devenir plus doux à mesure qu’on rejoint la forêt de hêtres. La lumière y est magnifique, tamisée, dorée. On traverse les bergeries de Scarpaccedie puis un replat herbeux avant d’aborder la crête d’U Cardu.

Les jambes commencent à tirer mais le paysage reste superbe. Le GR20, fidèle à lui-même, alterne montées, descentes et replats sans prévenir. On passe la Bocca Palmente, dernier col avant la longue descente finale.

Et quelle descente ! On marche, on papote, on rigole, on refait le monde. Puis plus rien : juste le bruit de nos pas et cette sensation d’avancer sans jamais voir la fin. Le balisage se fait discret mais l’orientation reste simple : il suffit de descendre, toujours descendre.

Peu à peu, le sol devient plus doux, la forêt plus dense. Le chant des oiseaux remplace le vent. On retrouve les pistes forestières, puis la route. Un dernier virage et Vizzavona apparaît enfin, nichée entre les montagnes. On y plante les tentes avec un sentiment de petite victoire. On vient d’atteindre la moitié du GR20. Certains sortent la Pietra, d’autres les pansements. Les visages sont fatigués mais heureux. Ce soir, pas de longue discussion : juste le bonheur simple d’être là, au milieu de la Corse, avec des copains et les jambes bien lourdes.

Randonnée sur le GR20 entre Bocca di Verde et Vizzavona, sous un grand arbre au lever du soleil en montagne corse
Randonneurs dans la forêt de hêtres du GR20 entre Bocca di Verde et Vizzavona, en Corse
Groupe de randonneurs faisant une pause près d’une cascade sur le GR20 entre Bocca di Verde et Vizzavona, en Corse
Panneaux de direction du GR20 indiquant Capannelle et Vizzavona, sur un sentier de randonnée en Corse
Paysage montagneux et forêt de pins sur le GR20 entre Bocca di Verde et Vizzavona, en Corse
Randonneurs sur le sentier du GR20 vers Vizzavona, à travers les plateaux verdoyants de Corse
Randonneurs en pause sur les hauteurs du GR20 entre Bocca di Verde et Vizzavona, avec vue sur les montagnes corses
Tentes installées au bivouac de Vizzavona après une étape du GR20 en Corse